Anissa Lounès-Hadj SahraouiBiologiste
Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026
« Réhabiliter les sols pollués grâce au génie végétal »
Chercheuse à l’Unité de Chimie Environnementale et Interactions sur le Vivant (UCEIV) de l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO), Anissa Lounès-Hadj Sahraoui développe des solutions naturelles pour assainir les sols pollués en utilisant des plantes et les micro-organismes vivant autour de leurs racines. Professeure des universités, elle plaide en faveur de la possibilité pour une femme de construire une carrière en accord avec ses convictions et ses ambitions.
Ce qui fascine depuis toujours Anissa Lounès-Hadj Sahraoui, ce n’est pas seulement de comprendre les mécanismes impliqués dans le fonctionnement du vivant, mais de pouvoir les mettre au service des êtres humains et de l’environnement. Adolescente, la lecture de magazines scientifiques sur les avancées en biotechnologies éveille sa vocation. Après une maîtrise en microbiologie à Alger, elle poursuit ses études en France, à l’institut national polytechnique de Lorraine à Nancy et se spécialise en biotechnologies industrielles avec une thèse qui porte sur la production d’un antibiotique par une bactérie présente dans le sol.
Après un premier postdoctorat, la rencontre avec celui qui deviendra son mari, enseignant-chercheur à Dunkerque, oriente Anissa Lounès-Hadj Sahraoui vers les laboratoires nordistes. En 1998, elle est recrutée comme maîtresse de conférences à l’ULCO. Elle y travaille sur la phytoremédiation des sols pollués, une solution basée sur la capacité naturelle des plantes et de leur microbiote racinaire à stabiliser, extraire ou dégrader les polluants : cette approche constitue une alternative aux traitements physico-chimiques conventionnels, des méthodes certes efficaces mais coûteuses, énergivores et néfastes pour la vie du sol. Ses recherches visent également à valoriser la biomasse végétale issue des sols pollués en produisant par exemple des huiles essentielles à partir de plantes aromatiques ou du bioéthanol à partir du colza.
Aujourd’hui, Anissa Lounès-Hadj Sahraoui pilote et encadre des projets de recherche, tout en continuant à enseigner et à mettre en place des expérimentations grandeur nature, sous forme de démonstrateurs de phytoremédiation. Professeure des universités depuis 2015 et cheffe d’une équipe de recherche depuis 2018, elle s’épanouit dans ce métier multifacettes, exigeant mais porteur de sens. Elle s’évertue toujours à mener sa carrière sans renoncer à sa vie de femme et de mère, convaincue que la persévérance, la confiance en soi ainsi que le soutien de proches bienveillants sont les clés d’un parcours choisi et réussi.