© Vincent Moncorgé - CNRS / Femmes & Science / Université de Lille - 2026

Konstantina ChachlakiNeuroscientifique

Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026

 

« Je protège les plus petits pour leur offrir toute leur grandeur »

 

Konstantina Chachlaki scrute et questionne les mystères du cerveau. Au sein du centre de recherche Lille Neuroscience & Cognition (Université de Lille-Institut national de la santé et de la recherche médicale-Centre Hospitalier Universitaire de Lille), elle s’attache à mieux comprendre le rôle d’une molécule bien particulière, le monoxyde d’azote, pour aider les bébés prématurés.

 

Comment ne pas ressentir de la fascination pour le cerveau ? Après des années de recherche, Konstantina Chachlaki continue de s’émerveiller devant la puissance de cet organe. Pourtant, elle ne se destinait pas à la recherche en neurosciences, mais à la médecine, pour aider les autres. Or, le système d’orientation de la Grèce, où elle vivait, la contraint à choisir une autre option. Elle s’inscrit alors en biologie, espérant bifurquer plus tard vers la médecine.

Ce qu’elle pensait être un détour devient une révélation. Elle découvre que la biologie aussi soigne, éclaire et prévient. Et surtout, qu’on peut changer de rêve — ou plutôt, en trouver un encore plus vaste. Aujourd’hui, elle aime partager l’idée qu’il ne faut pas avoir peur de suivre sa curiosité et d’oser des chemins inattendus.

Le cerveau, chef d’orchestre du corps humain, devient son sujet d’étude. En master, elle travaille sur le monoxyde d’azote, une molécule produite par le cerveau, d’abord à Londres, aux côtés du chercheur à l’origine de cette découverte, puis à Paris, où elle se sent immédiatement chez elle. Un véritable coup de cœur personnel et professionnel pour Lille : le centre de recherche Lille Neuroscience & Cognition lui propose une thèse sur le rôle du monoxyde d’azote dans la communication entre cerveau et organes sexuels, en collaboration avec des médecins qui utilisent justement cette molécule pour aider les poumons des bébés prématurés à s’ouvrir.

Deux post-doctorats plus tard, Konstantina Chachlaki revient en 2020 à Lille comme coordinatrice scientifique du projet européen miniNO sur la prématurité, avant d’être recrutée comme chargée de recherche à l’Inserm, en 2025. La neuroscientifique s’intéresse à la « mini-puberté », une phase d’activation hormonale essentielle au développement chez les nouveau-nés, exacerbée chez les prématurés, et qui pourrait être responsable de troubles pendant l’enfance et à l’âge adulte : problèmes de fertilité, dépression, autisme… Le monoxyde d’azote pourrait-il offrir une protection aux nouveau-nés contre les perturbations de la mini-puberté et les risques qui en découlent ? C’est ce que s’attache à observer Konstantina Chachlaki qui espère ensuite lancer un projet de recherche-action, afin de proposer un traitement et mieux accompagner ces bébés à l’orée de la vie.