Émilie MoisezÉcologiste marine
Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026
« Je scrute la mer en flacons »
Émilie Moisez trouve sa vocation lors d’un stage à la station marine de Wimereux. Après sa thèse, elle préfère cependant se consacrer au travail de terrain. Aujourd’hui technicienne de recherche au Laboratoire d’océanologie et de géosciences (LOG, UMR CNRS-Université de Lille-Université du Littoral Côté d’Opale), elle suit l’évolution des écosystèmes marins.
Un laboratoire face à la mer, des sorties en bateau pour prélever des échantillons… Émilie Moisez découvre la station marine de Wimereux, département de l’Université de Lille, à l’occasion d’un stage qu’elle effectue pendant sa licence de biologie. Inscrite dans ce cursus assez généraliste sans avoir idée précise de métier, l’étudiante est immédiatement séduite par la beauté de l’environnement et le travail mené par le laboratoire d’océanologie et de géosciences. Elle revient pour un stage de master 1, puis reste durant toute sa deuxième année où elle se spécialise dans le fonctionnement des écosystèmes marins. La station devient son ancrage : elle y poursuit ses recherches en doctorat et ne la quitte plus.
Émilie Moisez étudie l’effet du réchauffement climatique sur le comportement de gastéropodes comme les bigorneaux, parfois exposés à l’air libre, selon le rythme des marées. Elle termine et soutient sa thèse en 2021 mais, au fil de ces années, elle s’est rendu compte que la carrière de chercheuse ne lui convient pas : le terrain l’intéresse bien plus que les démarches administratives, les demandes de financements ou l’encadrement. Alors, quand une place de technicienne s’ouvre au CNRS, elle postule avec succès, heureuse de pouvoir rester dans une région qu’elle aime et où elle a construit sa vie personnelle, quitte à être surdiplômée : elle espère pouvoir évoluer par la suite.
Aujourd’hui, Émilie Moisez savoure des journées tout sauf routinières. Si la météo est favorable, elle embarque à bord d’un bateau de la flotte océanographique française pour collecter des échantillons d’eau de mer. Le lendemain, au laboratoire, elle en analyse différents paramètres comme la température, la salinité, le pH ou le taux d’oxygène dissous : des données précieuses pour nourrir le projet national Somlit (Service d’Observation en Milieu Littoral), qui surveille l’état des eaux côtières françaises. À d’autres moments, elle travaille sur des vers et mollusques pour un programme de suivi de la macrofaune qui vit sur le fond marin. Sans renoncer à des projets d’avenir, Émilie Moisez apprécie pour l’instant la liberté dont elle dispose, celle qu’elle avait tant aimée pendant sa thèse.