CNRS© Vincent Moncorgé - CNRS / Femmes & Science / Université de Lille - 2026

Monika BouetChimiste

Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026

 

« Je dompte la lumière avec la fibre optique »

 

Monika Bouet a trouvé sa place dans le laboratoire de Physique des Lasers, Atomes et Molécules (PhLAM, UMR CNRS-Université de Lille), entre recherches sur les fibres optiques, projets interdisciplinaires et engagement pour plus de mixité dans les sciences.

 

Il est peu courant pour une chimiste d’intégrer un laboratoire de physique. Pourtant, en 2016, le laboratoire de Physique des Lasers, Atomes et Molécules (PhLAM) propose un post-doctorat qui semble taillé sur mesure pour Monika Bouet. Le laboratoire cherche à développer de nouveaux matériaux grâce à des composés chimiques, et elle y voit une belle opportunité de s’ouvrir à des travaux interdisciplinaires.

Originaire de Pologne, Monika Bouet a suivi un parcours international entre Cracovie et Orléans : un double master, puis une thèse en cotutelle entre les deux universités, autour de composés capables d’absorber la lumière. Après sa soutenance, elle interrompt temporairement sa carrière pour accueillir son premier enfant, puis effectue un post-doctorat à Rouen. Une seconde pause suit, pour la naissance de son deuxième fils. Attachée à son métier, Monika Bouet choisit néanmoins de se protéger, et de protéger ses enfants, en évitant tout risque lié à la manipulation de produits chimiques pendant la grossesse.

Ces pauses n’ont pas freiné sa progression : recrutée en post-doctorat au PhLAM, elle enchaîne plusieurs contrats et devient ingénieure de recherche CNRS en 2021. Tandis que le laboratoire mène des projets autour de la fibre optique, Monika Bouet, elle, s’intéresse aux barreaux de verre qui, une fois étirés, deviennent des fibres cent fois plus fines. Elle y introduit de très petites quantités d’éléments chimiques pour améliorer leurs propriétés : il s’agit notamment de mieux guider la lumière à l’intérieur de la fibre ou d’amplifier le signal pour assurer une meilleure transmission d’un signal lumineux.

Son expertise dépasse le champ des télécommunications. Parmi d’autres, elle développe ainsi des matériaux pour des fibres capables de détecter à distance les rayons X ou gamma : un outil prometteur pour surveiller la sécurité autour des centrales nucléaires ou repérer des zones à risque. Si tous ces projets lui plaisent, évoluer dans l’environnement très masculin de la physique a également incité Monika Bouet à s’impliquer dans des actions de sensibilisation autour de la parité, pour déconstruire les stéréotypes et renforcer la visibilité des femmes en science.