Mihaela Teodorescu-GérardinMétallurgiste
Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026
« Je sublime les nuances de la matière »
Spécialiste de métallurgie et directrice R&D, Mihaela Teodorescu-Gérardin associe création de modèles théoriques et expérimentations pour améliorer les traitements et les propriétés des matériaux. Aussi passionnée que déterminée, elle défend une plus grande ouverture d’esprit dans ce secteur encore largement masculin.
Dans la Roumanie des années 1970 et 1980 où Mihaela Teodorescu-Gérardin a grandi, les études de science sont considérées comme indispensables et valorisées aussi bien pour les filles que pour les garçons. Entourée, qui plus est, de deux parents scientifiques, la lycéenne se dirige vers les mathématiques puis se spécialise, à l’université de Bucarest, dans les applications en mécanique. Si un stage en Allemagne à l'Université Technique de Munich lui donne le goût de l’international, elle est surtout attirée par la France et sa culture. Aussi saisit-elle l’opportunité de s’envoler pour Sophia Antipolis pour faire un stage au Centre de Mise En Forme des Matériaux (CEMEF), qui associe Mines Paris et le CNRS, expérience qu’elle prolonge par une thèse et un post-doctorat.
Mihaela Teodorescu-Gérardin contribue au développement de logiciels sophistiqués de simulation numérique qui permettent d’étudier la mise en forme de pièces métalliques complexes et de rendre les matériaux plus performants. En effet, les procédés de fabrication combinent souvent des traitements thermiques, thermochimiques et/ou des déformations. Différentes étapes sont ainsi nécessaires pour obtenir les propriétés finales spécifiques à chaque application, qu’il s’agisse de propriétés mécaniques (comme l’élasticité, la résistance et l’endommagement), électriques ou magnétiques.
Alors que de nombreuses questions scientifiques restent ouvertes, ses fonctions en tant que directrice R&D la placent au cœur de produits et procédés qui génèrent sans cesse de nouveaux défis pour l’industrie, la santé et l’environnement : des sujets qui passionnent Mihaela Teodorescu-Gérardin, et même l’inspirent ! En effet, la chercheuse pratique la peinture et la gravure, et pour elle, la métallurgie possède aussi une dimension esthétique.
Désireuse de continuer à relier les sciences et l’industrie, elle travaille depuis plus de vingt ans dans la recherche métallurgique (en Lorraine, puis dans les Hauts-de-France), à travers de multiples projets de collaborations industrielles et académiques. Dans ces milieux majoritairement masculins, il n’est pas toujours simple de s’affirmer pour une femme. Mihaela Teodorescu-Gérardin reconnaît que cela demande de l’énergie et de la force de caractère, mais elle valorise surtout l’ouverture d’esprit et la complémentarité qui enrichissent réflexions et font aller de l’avant.