Michèle Zemo FoteuPhysicienne des matériaux
Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026
« Rien n’est figé : ni la matière, ni les destins »
Originaire du Cameroun, Michèle Zémo Foteu mène sa thèse à l’Unité Matériaux Et Transformation (UMET, UMR CNRS-Université de Lille) où elle développe des méthodes de fabrication innovantes et durables. Un parcours qui illustre combien la passion et la détermination permettent de tracer sa voie dans la recherche, au-delà des frontières et des préjugés.
Michèle Zémo Foteu aime relever des défis. Très tôt attirée par les sciences, elle se rêve d’abord médecin. Mais après trois tentatives infructueuses au concours, elle s’oriente vers la physique à l’université de Yaoundé, persuadée que cette voie lui permettra malgré tout de travailler dans des domaines concrets et utiles. Elle persévère, obtient une licence en physique, puis continue en master. Elle s’oriente naturellement dans le domaine des matériaux : à la fois omniprésents dans notre quotidien et passionnants à manipuler, ils ouvrent sur un large éventail d’applications, notamment dans le secteur biomédical. Plus encore, leur potentiel pour concilier performance et transition énergétique en fait, à ses yeux, la clef pour construire un avenir durable.
Soucieuse d’enrichir son parcours, elle postule à une bourse d’excellence qui lui permet de poursuivre sa deuxième année de master à l’Université de Lille. Elle a 20 ans et le changement dès son arrivée en France est radical : le climat, les habitudes de vie, les méthodes pédagogiques… Tout est différent. Même la langue française, qu’elle parle pourtant couramment, donne parfois lieu à des incompréhensions à cause de son accent. Malgré ces décalages, Michèle Zémo Foteu s’adapte avec patience, apprend vite et avance avec détermination.
Elle trouve un stage expérimental qui se prolonge par une thèse au sein de l’Université de Lille (UMET). La doctorante développe un matériau composite qui associe métal et polymère (une sorte de plastique), de manière à être à la fois résistant, léger et capable de se déformer. Pour cela, elle conçoit des structures métalliques en 3D, les remplit d’une poudre polymère qu’elle chauffe pour consolider l’ensemble. Elle analyse ensuite la manière dont la chaleur se propage entre les matériaux à l’aide de simulations numériques et d’essais expérimentaux, avant de tester mécaniquement les composites créés.
Après sa soutenance fin 2025, Michèle Zémo Foteu souhaite travailler dans l’industrie sur des projets concrets. Peut-être retournera-t-elle au Cameroun un jour. En attendant, elle veut casser les clichés, en montrant que les femmes, y compris les femmes noires, ont toute leur place dans les sciences.