© Vincent Moncorgé - CNRS / Femmes & Science / Université de Lille - 2026

Hafida Khorsi-CauetMicrobiologiste

Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026

 

« En étudiant votre microbiote, je prends soin de votre santé »

 

De son enfance sans école au Maroc à son métier de professeure d’université et chercheuse au Laboratoire Périnatalité et risques toxiques (PériTOX, UMR Université de Picardie Jules Verne- L'Institut national de l'environnement industriel et des risques) d’Amiens, Hafida Khorsi-Cauet a suivi un chemin inspirant. Son parcours mêle science, engagement sociétal et combat pour l’égalité des chances à l’université.

 

Rien ne prédestinait Hafida Khorsi-Cauet à devenir chercheuse. Enfant, elle grandit dans un village marocain chez ses grands-parents sans école obligatoire, si bien que lorsqu’elle rejoint son père en France à l’âge de 10 ans, elle ne sait ni lire ni écrire. Volontaire, et soutenue par des enseignants engagés, elle rattrape son retard, décroche son baccalauréat et s’oriente vers une licence de biologie. Passionnée par les manipulations, elle pense d’abord devenir technicienne de laboratoire mais sa tutrice de stage l’encourage à viser plus haut. Hafida Khorsi-Cauet persévère et en 1998, elle soutient une thèse sur le virus de l’hépatite C à l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV).

Un an plus tard, elle devient maîtresse de conférences. Elle rejoint le laboratoire PériTOX à Amiens et change de voie pour étudier non plus les virus mais les bactéries, et plus particulièrement celles qui vivent dans notre ventre : ce qu’on appelle le microbiote intestinal. Ses recherches portent sur l’impact des résidus de pesticides alimentaires et autres polluants chez les femmes enceintes et les bébés. Car même à très faibles doses, ces substances peuvent dérégler l’équilibre de l’organisme. Hafida Khorsi-Cauet étudie ces effets sur des modèles animaux ainsi et sur l’intestin humain artificiel qu’elle a conçu. Son objectif : mieux comprendre le lien entre pollution chimique, santé digestive, infertilité et maladies chroniques qui représentent un réel problème de santé publique et sociétal dans la région. Elle teste aussi des pistes alimentaires (prébiotiques) pour aider le microbiote à se défendre.

Parallèlement, la professeure des universités s’engage depuis vingt ans pour l’égalité des chances.  Aujourd’hui déléguée à la réussite étudiante de son université, elle lutte contre l’autocensure, convaincue que les études longues doivent être accessibles à toutes et tous, et partage avec enthousiasme les résultats de ses recherches. Désormais, elle concentre ses travaux sur l’endométriose, une maladie encore méconnue où des tissus semblables à ceux de l’utérus se développent ailleurs dans le corps, provoquant douleurs et inflammations. Hafida Khorsi-Cauet déploie son énergie pour faire avancer la recherche, mais aussi sensibiliser sur cette pathologie.

Organisme employeur : Université de Picardie Jules Verne