© Vincent Moncorgé - CNRS / Femmes & Science / Université de Lille - 2026

Charlotte BaeyStatisticienne

Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026

 

« Je traque les signes d’un avenir fertile »

 

Au croisement des mathématiques, de la biologie et de l’écologie, Charlotte Baey mène ses recherches au laboratoire Paul Painlevé (UMR CNRS-Université de Lille). Elle étudie la variabilité entre plantes à l’aide des statistiques, un outil précieux pour répondre aux défis du changement climatique.

 

Attribution d’aides sociales à partir d’enquêtes sur les revenus, estimation des effets secondaires d’un médicament ou encore recommandations personnalisées lors d’achats en ligne : les statistiques font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. C’est précisément parce qu’elles permettent de comprendre et d’agir sur le monde que Charlotte Baey aime son métier de statisticienne.

Initialement attirée par les mathématiques et les démonstrations à la rigueur rassurante, la jeune femme commence des études dans cette voie sans se questionner sur son avenir. Peu à peu, elle éprouve toutefois le besoin de relier cette discipline à des sujets plus concrets. Après un master en mathématiques appliquées et statistiques, elle débute sa carrière dans un centre de biostatistiques, spécialisé dans la recherche contre le cancer. Mais bien qu’elle apprécie l’utilité sociale de ce travail, la jeune femme sent que la santé n’est pas le domaine qui l’anime le plus.

De plus en plus sensible aux enjeux environnementaux, elle décide de se réorienter vers une thèse appliquée à la biologie, à l’Ecole Centrale Paris. Elle se penche sur des modèles pour comprendre, par exemple, comment les plantes grandissent et comment fonctionne la photosynthèse, qui permet aux plantes de convertir la lumière en énergie chimique : pour tenir compte des réactions variables des plantes à ce processus naturel, les biologistes font en effet appel à des outils développés par des statisticiens.

Après un postdoctorat en Suède et un deuxième à Paris, Charlotte Baey est recrutée en 2017 comme maîtresse de conférences à l’Université de Lille. Au laboratoire Paul Painlevé, elle étudie par exemple la variabilité biologique entre plantes d’une même espèce, micro-variations dont elle cherche à identifier la source, en analysant les facteurs génétiques ou environnementaux. Des recherches particulièrement précieuses en agroécologie, dans le contexte du réchauffement climatique. Grâce aux statistiques, Charlotte Baey apporte ainsi de la rigueur à des domaines complexes et contribue à répondre à d’importants enjeux de société.

Organisme employeur : Université de Lille