© Vincent Moncorgé - CNRS / Femmes & Science / Université de Lille - 2026

Bénédicte Calimet

Ambassadrice "La science taille XX Elles" édition Hauts-de-France 2026

 

« Outiller les projets par un soutien discret »

 

Spécialiste des instruments et techniques expérimentales, Bénédicte Calimet s’emploie à faciliter le travail scientifique au sein du Centre d’Études et de Recherches Lasers et Applications (CERLA) de l’Université de Lille.

 

C’est lors d’une visite de la raffinerie où travaille son grand-père à Dunkerque que Bénédicte Calimet découvre le monde industriel. Elle en ressort fascinée par le processus de transformation du pétrole. Même si l’on ne conseille pas souvent ce genre de carrière aux filles, l’adolescente garde cette idée en tête et s’engage, après le baccalauréat, dans un BTS spécialisé dans l’industrie et les laboratoires. Un stage au sein de la raffinerie confirme son choix mais l’activité économique décline et quand Bénédicte Calimet se tourne vers la sidérurgie, les recruteurs la questionnent sur ses projets familiaux, ce qui lui ferme des portes. Certaines de ses camarades se réorientent vers la pharmacie ou la petite enfance. Pas elle. Elle s’accroche.

Heureusement, elle peut compter sur le soutien d’enseignants et devient préparatrice de travaux pratiques dans son ancien lycée, puis à l’Université de Lille. Recrutée comme adjointe technique, elle gravit les échelons un par un. Fière de son parcours, Bénédicte Calimet a l’opportunité, après onze ans passés au département de physique, d’obtenir une mutation qui la conduit au Centre d’Études et de Recherches Lasers et Applications (CERLA), une plateforme de recherche technologique de l’université où elle deviendra ingénieure d’étude. 

En plus de la maintenance des instruments, elle travaille sur des projets variés, comme l’étude du piégeage du dioxyde de carbone atmosphérique dans la glace ou celle des molécules issues de la combustion des réacteurs d’avion ou du système d’échappement d’une voiture. Elle participe à la préparation des expériences, un processus qui peut prendre des mois, voire des années pour des instruments aussi complexes et coûteux qu’un spectromètre de masse, capable d’analyser des molécules avec une précision extrême.

Bénédicte Calimet apprécie la confiance et l’autonomie qu’on lui donne. Qui aurait cru qu’elle rencontrerait des scientifiques du monde entier ? Aujourd’hui, elle savoure le fait d’avoir persévéré. Être une femme se révèle même parfois un avantage car ses mains sont plus fines que celles de la plupart des hommes. Elle revendique ainsi d’être une « petite main », au sens propre comme au figuré, heureuse de faire un métier essentiel à la recherche, qui lui apporte une réelle gratification.

Organisme employeur : Université de Lille