Verdir les activités de la recherche en chimie : des scientifiques du CNRS partagent leur analyse
Des chercheurs et chercheuses du Laboratoire de spectroscopie pour les interactions, la réactivité et l'environnement (LASIRE
Réduire l’empreinte environnementale des activités de recherche est un enjeu de plus en plus prégnant pour la communauté scientifique. Pourtant, les démarches qui visent à quantifier les émissions de gaz à effet de serre des laboratoires et à proposer des stratégies d’atténuation sont encore peu nombreuses. Les débats sont souvent axés sur le rôle des grandes infrastructures et des déplacements pour participer aux conférences internationales plutôt que sur l’impact des activités de recherche en elles-mêmes.
Dans un article paru dans Green Chemistry, trois laboratoires de chimie français, le Laboratoire de spectroscopie pour les interactions, la réactivité et l'environnement (CNRS/Université de Lille), l’Institut des sciences chimiques de Rennes (CNRS/Université de Rennes/ENSCR/INSA Rennes) et l’Institut des sciences moléculaires (CNRS/Bordeaux INP/Université de Bordeaux) ont évalué leur empreinte pour décrire au mieux d’où viennent les gaz à effet de serre émis par la chimie académique. Et, fait rare, ils se sont également penchés sur des pistes pour réduire de 40-50% ces émissions d’ici 2030 par rapport à 2019, en adéquation avec les objectifs fixés par le Plan Climat-biodiversité publié en 2022 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Fondant leur étude sur l’application open-source GES 1point5, développée dans le cadre du Groupement de Recherche Labos 1point5
Les chercheurs ont constaté que deux catégories inattendues dominent les émissions des trois laboratoires. D’une part, les achats de biens et services, en particulier liés aux équipements de laboratoire et aux consommables, représentent entre 32 et 42% des émissions. Ils peuvent être réduits en augmentant leur durée de vie ou en faisant l’objet d’une mutualisation. D’autre part, la consommation énergétique, qui correspond à 30%-43% des émissions, est notamment due au chauffage des bâtiments et à l’emploi d’équipements spécifiques comme les hottes et les systèmes de refroidissement. La transition vers les énergies renouvelables et l’installation de panneaux solaires peuvent contribuer à une diminution significative.
Référence
Carbon footprint and mitigation strategies of three chemistry laboratories
André Estevez-Torres, Fabienne Gauffre, Guillaume Gouget, Chloé Grazon, Philippe Loubet
Green Chemistry 2024
https://doi.org/10.1039/D3GC03668E